Jim Fergus – Marie-Blanche

Ce livre a été oublié chez moi par je ne sais pas qui.
J’ai cherché plus de cinq ans et je n’ai pas trouvé à qui il appartient. Je l’avais mis de côté et en rangeant la bibliothèque, j’y ai mis la main dessus et j’ai lu le résumé du livre.
Ensuite, selon mes habitudes, je suis allée jeter un œil dans le net pour lire les avis des uns et des autres.
C’est en lisant les critiques, que j’ai découvert que cette année, ce roman a été réédité mais modifié par l’auteur car il a récupéré des informations qui lui ont permis de compléter ce premier.

Auteur

Jim Fergus 71 ans est né à Chicago d’une mère française et d’un père américain. Il a 16 ans lorsque ses parents décèdent. Il part dans le Colorado suivre des études et devient professeur de tennis en Floride. Dans les années 80 il retourne dans le Colorado dans un trou perdu où il s’installe pour ne se consacrer qu’à l’écriture
En 1998 il sort Milles femmes blanches (Un chef cheyenne propose un échange de 1000 chevaux contre 1000 femmes blanches à Grant. Celui-ci accepte et il recrute de force et par tous les moyens ces femmes qui sont intégrées dans des tribus indiennes.)
En 2005 il publie La fille sauvage (Une Apache enlevée par un chasseur de puma dans sa tribu en 1932 et qui deviendra une bête de foire)
En 2011 Marie-blanche et c’est de ce Roman dont je vais vous parler ^^

Quatrième de couverture

Lake Forest, Illinois. A 96 ans, la vieille dame à laquelle Jim Fergus rend visite semble bien inoffensive… Renée de Fontarce McCormick, sa grand-mère, est pourtant une femme de tête, au caractère entier, qui a connu un destin hors du commun.
De son aristocratique France natale aux rives du Nouveau Monde en passant par les sables d’Egypte, Jim Fergus retrace son parcours et voit petit à petit apparaître le visage de sa propre mère, Marie-Blanche.
Pour essayer de comprendre ; pour, peut-être renouer avec la femme de sa vie.

Extraits 

A mon vif soulagement, mes pas m’ont finalement mené à mes parents. Trois pierres plates, sans prétention, mon père à gauche, ma mère à droite et mon frère au milieu. Pour autant que je sache, personne à part moi ne leur rend jamais visite, et j’ai toujours le sentiment qu’ils se réjouissent de me voir -comme s’ils guettaient mon retour avec assez de patience pour ne pas me reprocher mes rares apparitions. Il y a un plaisir doux-amer dans ces retrouvailles entre les vivants et les morts, les cendres et les os confiés à la terre.
…/…
J’étais à nouveau frappé par l’indifférence de la mort à notre égard, ce corps soudain déserté, cette enveloppe que nous portons tout au long de notre vie et qu’il faut jeter à la fin. Glissant sur une plaque de verglas, un taxi transforme un prêtre en sac d’os brisés ; un feu aveugle s’abat sur un jeune homme qui se trompe de porte, pour ne laisser de lui qu’une masse charbonneuse, une odeur de viande brulée sous la brise de décembre.
…/…
COMPTINE ENFANTINE
« Blond, l’enfant du lundi,
Gracieux celui du mardi,
L’enfant du mercredi aura une vie de chagrins,
Celui du jeudi ira loin,
L’enfant du vendredi sera tendre et généreux,
Celui du samedi travaillera sur toute sa vie,
Mais l’enfant qui naît un dimanche
Est bon, joyeux, vif et heureux. »
Monday’s child is fair of face,
Tuesday’s child is full of grace,
Wednesday’s child is full of woe,
Thursday’s child has far to go,
Friday’s child is loving and giving
Saturday’s child works hard for a living,
But the child who is born on the Sabbath Day,
Is bonny and blithe and good and gay.

…/…
Si elle était parfois sévère, maman était bon professeur ; ayant étudié les hommes depuis sa plus tendre enfance, elle avait appris, non seulement à les comprendre, mais aussi à penser comme eux. « Mon père disait toujours que les femmes sont bêtes, répétait-elle. Ce qui est souvent vrai, et la plupart des hommes le croient. Vos opinions ne les intéresseront pas, Marie-Blanche. Ils vous poseront peut-être des questions, mais seulement pour prouver qu’en définitive ce sont eux qui ont raison.

…/…
Sans oser m’approcher de trop près, je les ai regardées toutes les deux. Blotties l’une contre l’autre, elles observaient la rue en bas. Et j’ai entendu Isabella chuchoter – Chère et douce Isabella, qui a connu tant de chagrins dans sa jeune vie, et pour qui il était inimaginable que sa propre mère attente à ses jours.

  • Elle n’a peut-être pas sauté, maman, tu sais. Elle est peut-être simplement tombée.
Mon avis 

Il s’agit d’une saga familiale pour laquelle, l’auteur s’est nourri de l’histoire de sa propre famille pour alimenter son roman.
Jim Fergus nous contre l’histoire de sa grand-mère et sa mère issues de la noblesse française sans le sou. Il dépeint cette société corrompue où pédophilie, inceste, mariage forcé, vue déformée de la réalité de l’époque, mensonge, orgueil et j’en passe rendent parfois la lecture presque insoutenable. J’ai été personnellement blessée dans ma chair et dans mon âme par cette famille détruite par les valeurs inculquées dès leur naissance. Tout est regroupé pour rendre la grand-mère et la mère de l’auteur toutes deux vulnérables. Elles subissent tout de plein fouet et c’est dur à lire. On voit venir l’inévitable fin de chacune ainsi que tous les dommages collatéraux qui vont en découler …
Au final, un pervers narcissique a gangréné 3 générations
Jim Fergus est un conteur fantastique, il amène le lecteur dans l’aventure et on ne peut pas s’en décrocher même si on le voudrait …
La découverte de la vie de Renée et de Marie-Blanche en alternance m’a déroutée dans un premier temps, mais pas très longtemps car un récit alimente les conséquences du second.
Je remercie celui ou celle qui a oublié ce roman chez moi, quelle belle découverte !!!

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