Lorsque nos enfants dérapent

Le procès de l’agresseur de Marin débute aujourd’hui.

Je ne vais pas parler de Marin, il est connu de tous et on peut le suivre sur F.B.

Je suis admirative devant le courage et la dignité de ce garçon et de sa famille.

Lilian, le jeune agresseur risque 15 ans de réclusion criminelle. Son comportement ce jour-là est inexcusable, il doit être jugé et puni pour ce qu’il a fait, mais même si d’aucuns pensent que sa place est derrière les barreaux à vie, moi je n’en suis pas persuadée.

Lorsque nos enfants dérapent

Ce titre est volontairement provocateur, car nous ne sommes à l’abri de rien ni de personne et ça n’arrive pas qu’aux autres …

Je n’ai pas de solution, je n’ai pas de remède miracle, simplement je m’interroge. Une chose dont je suis sûre c’est que la répression ou la réponse à la violence par la violence ne sont pas la solution.

On ne sait rien de ce gamin, sauf qu’il était archi connu par les services de police. Son avocate le pratique depuis 9 ans, ce qui sous-entend et qu’il a eu ses premières démêlées sévères avec la justice à l’âge de 11 ans… 11 ans !!! c’est un enfant pas même encore un adolescent !!! et six ans plus tard il se retrouve sous les verrous après avoir mutilé à vie un jeune de seulement trois ans son aîné parce qu’il n’avait pas les mêmes idées que lui.
En réalisant ça, je me suis demandée ce que je faisais lorsque ma fille avait 11 ans. Je conduisais le matin au collège et m’assurais qu’elle passe l’enceinte de l’établissement… Quand elle sortait des cours, elle était récupérée par sa grand-mère ou la maman d’une collègue de classe qui était au chômage… Pour ses activités extrascolaires, même combat. Si d’aventure, elle allait chez une copine, je m’assurais que les parents étaient au courant de sa visite et si c’était une copine qui venait à la maison je demandais d’abord l’aval des parents … etc…

Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que j’avais « LA » solution, simplement que je considérais mon enfant comme une enfant. En tant que parent solo, je préférais nous priver de vacances ou de sorties au profit de sa sécurité (et surtout la mienne). Je ne dis pas que je n’aurais pas eu de problème, simplement à 11 ans elle était pour moi encore un « bébé » que je me devais de protéger et j’ai fait ça jusqu’à ses 14 ans environ … puis,  je donnais du mou mais en tenant toujours la longe et luttant pour qu’elle ne s’évade pas dans un monde qui n’était pas fait pour son âge. Elle me détestait … me reprochait de ne pas lui laisser vivre sa vie … de ne pas lui faire confiance … de lui coller la honte devant ses ami(e)s … de ne pas être une mère … d’être pire que les flics … j’en passe et des meilleures. J’ai eu de la chance, c’est aujourd’hui une adulte responsable et une maman aussi chiante qu’était la sienne peut-être même un peu plus ;).

Je n’ai pas la solution non, je ne l’ai pas, puisque malgré toutes ces précautions elle a subi des attouchement de la part d’un proche de son père… J’ai su cela il y a une dizaine d’année seulement et j’ai culpabilisé en me demandant pourquoi, j’avais pas su voir … pourquoi je n’avais pas su la protéger … Pourquoi elle ne m’en avait pas parlé alors qu’elle était informée depuis toute petite que son corps lui appartenait et que personne n’avait le droit de se l’approprier … Pourquoi son père n’a pas « vu » … pourquoi, pourquoi, pourquoi …

Tout ça fait que ces deux jeunes m’émeuvent et je me demande ce que les adultes peuvent rater dans le parcours d’un enfant pour qu’il en arrive à une telle explosion de violence… En tant qu’adultes que nous soyons des proches ou des représentants de l’ordre établi, nous sommes censés les protéger des autres et d’eux-mêmes et là de toute évidence « nous » avons failli à notre tâche.

Chaque fois que je prends connaissance de tragédies de ce type, je me demande quelle sera mon attitude, mon ressenti ou mon état d’esprit face à ce type de situation ? si je devais un jour me retrouver à la place de parents de victime ou d’agresseur. Ferais-je partie des victimes serais-je en position d’accélérateur de particules ?

Je n’ai pas de réponse, simplement je me sers de ce support internet pour poser ce qui me trotte dans la tête

Une chose est sûre c’est que je n’aimerai pas me trouver à la place des jurés… Sacré cas de conscience !!!

Articles sur l’actualité du sujet :

Figaro
Francebleu
BFM TV
Franceinfo

2 commentaires sur “Lorsque nos enfants dérapent

  1. Oh oui ! Je me retrouve dans ce que tu écris. Vieille maman maintenant, je me souviens avec des frissons de certains moments de notre vie de jeune couple et jeunes parents. Ah que la vie est belle lorsqu’ils sont petits ! Et c’est en ce temps-là que je soupirais souvent devant le nombre de tâches à accomplir : s’occuper des enfants, des devoirs à l’école, des courses, des repas et du travail avec mon mari. Et puis l’adolescence et les crises plus ou moins avortées, plus ou moins contrôlées qui laissent quelques traces pas toujours valorisantes dans mes souvenirs !
    Comme cette permission accordée à mon fils aîné qui voulait aller voir un copain. Parti sur sa mobylette avec le jour et pas rentré à la maison à la nuit noire et sous la pluie battante. Minuit, toujours pas d’enfant à la maison ! Je l’ai imaginé dans un fossé, sous la pluie, en train de m’appeler et là…je me suis rendu compte que je ne savais pas où habitait ce copain dont je ne connaissais que le surnom :Globule !!!
    Ma frayeur a été si grande qu’une poussée de boutons m’a défigurée le lendemain et qu’un kyste s’est formé sur un de mes seins ! Pour te dire, la peur bleue que j’ai eue ! Des dizaines d’années sont passées par là et je me revois encore devant la fenêtre à attendre ! S’il lui était arrivé quelque chose, je ne me le serais jamais pardonné ! Xavier est la papa de notre petit bout de chou de Clément et je ris en te lisant, il est encore plus « chiant » que sa mère avec son petit ! Comme quoi !
    En fait, j’ai beaucoup mieux compris les reproches de ma propre mère quand je l’ai été à mon tour ! 😀

    Je pense aussi à la femme et aux enfants de ce monstre qui a violé et tué Angélique. Si je ne voudrais pas être dans la peau des jurés qui vont assisté au procès du gamin dont tu parles, je ne voudrais pas être à leur place non plus ! Que de souffrances ! Qu’est-ce que ça va donner pour ses jeunes enfants ?
    Bisous et bonne journée…quand même.

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